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Odoo Experience 2026 : la surprise n’était pas Odoo 20, mais son prix

Je suis rentré de Bruxelles avec beaucoup d’idées, quelques questions et une conviction que je n’avais pas en arrivant. Je m’attendais à ce qu’Odoo 20 marque un tournant par ses fonctionnalités. Il y a de très belles choses, mais le vrai changement, à mes yeux, se trouve ailleurs : dans la nouvelle tarification et dans le type d’entreprises qu’Odoo semble désormais vouloir convaincre.
26 septembre 2026 par
LCSX Tech, Laurent Cossiaux

Je suis rentré de Bruxelles avec beaucoup d’idées, quelques questions et une conviction que je n’avais pas en arrivant. Je m’attendais à ce qu’Odoo 20 marque un tournant par ses fonctionnalités. Il y a de très belles choses, mais le vrai changement, à mes yeux, se trouve ailleurs : dans la nouvelle tarification et dans le type d’entreprises qu’Odoo semble désormais vouloir convaincre.

Je n’ai pas voulu publier de réaction à chaud. Après plusieurs jours de conférences et de discussions, il me fallait un peu de recul pour distinguer l’effet « waouh » d’une keynote de ce que cela changera réellement pour nos clients.

Fabien Pinckaers, des démonstrations et quelques bugs en direct

La première présentation de Fabien Pinckaers a enchaîné les nouveautés. J’ai notamment retenu l’assistant de feuilles de temps, qui observe l’activité pour suggérer les temps à encoder ; les suggestions de seuils minimum et maximum pour le réapprovisionnement ; et, en comptabilité, de meilleures propositions de comptes et de répartitions analytiques. La possibilité d’initier le paiement de factures fournisseurs directement depuis Odoo mérite aussi que l’on s’y attarde. Côté restaurant, la gestion du partage des commandes continue de progresser. Les notes de version permettent de retrouver le détail des fonctionnalités présentées.

Le deuxième jour, Fabien a choisi une autre approche : faire vivre plusieurs « Industries », ces configurations préconstruites pour des métiers précis, au fil d’un scénario réalisé en direct. Il en a montré une dizaine parmi les nombreuses configurations déjà disponibles. Le message était clair : Odoo peut s’adapter à des activités très différentes.

Mais ce que je retiens surtout, c’est le direct. Quelques bugs sont apparus à l’écran, ce qui rappelle qu’Odoo 20 vient tout juste de sortir. Fabien ne s’est pas démonté : il a trouvé une autre manière d’avancer. C’est presque une démonstration du quotidien d’un projet ERP. Tout ne se déroule pas toujours exactement comme prévu ; l’essentiel est de comprendre le besoin et de trouver une solution sans bloquer l’activité.

J’ai également suivi des conférences sur la comptabilité et le point de vente (PdV), ainsi qu’un « Ask Me Anything » avec Antony Lesuisse (le CTO d'Odoo). Ces échanges permettent d’aller au-delà de la démonstration et de poser les questions qui se présentent lorsqu’on doit faire fonctionner Odoo chez un client.

Une IA impressionnante, à utiliser en connaissance de cause

Odoo pousse l’intelligence artificielle très loin dans cette version. On ne parle plus seulement d’aider à rédiger un texte : les agents peuvent exploiter des informations, proposer des actions et participer à des automatisations dans l’ERP. Certaines démonstrations sont franchement convaincantes. Pour autant, je veux voir comment ces fonctions se comportent avec les données, les droits d’accès et les exceptions d’une vraie entreprise avant de les présenter comme une solution prête à tout faire.

Il y a aussi une question à expliquer clairement aux clients : où vont les données utilisées par l’IA ? La politique d’Odoo indique que les requêtes, une partie du contexte Odoo et, selon le cas, les informations récupérées par l’agent peuvent être partagés avec OpenAI ou Google. Cela ne signifie pas que toute la base est envoyée ni que chaque traitement a lieu aux États-Unis. Cela signifie en revanche qu’il faut examiner les données transmises, le fournisseur utilisé et ses conditions avant d’activer ces fonctions sur des informations sensibles. Les fonctionnalités IA nécessitent également des crédits d’utilisation.

La nouvelle application Téléphone m’a aussi marqué. Elle paraît rapide et efficace, avec la possibilité de construire des menus d’accueil, des répondeurs et des règles d’acheminement des appels. Elle ouvre des perspectives intéressantes pour les équipes commerciales et le service client. Elle soulève également une question pour les acteurs déjà présents sur ce terrain : j’en ai parlé avec les équipes d’Onoff Business, et je suivrai avec intérêt la manière dont leur offre évoluera face à celle d’Odoo.

Un détail pratique glané lors d’une conférence PdV : BOXaPOS y a été cité comme piste pour trouver du matériel de caisse adapté à Odoo, avec une sélection dédiée. C’est le genre d’information très concrète que j’aime rapporter d’un salon.

Le changement le plus important est peut-être la licence à 7,90 €

L’annonce tarifaire mérite davantage d’attention que beaucoup de démonstrations. Le plan Une App Gratuite reste gratuit et le prix du plan Standard ne change pas. En revanche, le prix catalogue du plan Personnalisé (Custom) passe de 37,40 € à 44,90 € par utilisateur et par mois, en facturation annuelle : une hausse d’environ 20 %. C’est notamment le plan dont ont besoin les entreprises qui utilisent Odoo Studio, des modules spécifiques, le multi-société, l’API externe ou Odoo.sh. Les tarifs de première année et les conditions des contrats existants doivent être regardés séparément.

En parallèle arrive une licence Light User à 7,90 € par mois. Elle vise les personnes qui n’ont besoin que d’un accès limité : profil employé, congés, notes de frais, évaluations et présences ; consultation du planning ; certaines opérations en point de vente ; lecture de Connaissances ; et opérations de scan en entrepôt. Odoo a aussi présenté des usages en atelier et en intervention. Le périmètre précis doit être validé pour chaque poste : il ne s’agit pas d’un accès général aux Ventes, aux Achats, à la Comptabilité ou aux Projets.

Pour les entreprises avec beaucoup de salariés sur le terrain, c’est potentiellement une très bonne nouvelle. Mais il y a un point à ne surtout pas manquer dans le devis : la grille publiée par Odoo et ses conditions d’abonnement incluent également dans cette catégorie une fiche d’employé actif sans accès à Odoo. Une entreprise qui gère ses salariés dans l’application Employés doit donc faire chiffrer l’ensemble de sa situation, et pas seulement compter les personnes qui se connectent. Les modalités applicables à chaque abonnement existant demandent une confirmation écrite.

À mon sens, c’est là que se dessine le tournant. Odoo conserve une porte d’entrée très accessible avec le plan Standard, tout en proposant une répartition plus fine des accès pour des organisations comptant beaucoup de collaborateurs. Ajoutée aux fonctions de production, de téléphonie, de comptabilité et d’IA, cette évolution me donne le sentiment qu’Odoo veut gagner davantage de projets dans les grandes entreprises, sur un terrain où l’on retrouve notamment Sage ou SAP. C’est mon interprétation de ces annonces, pas une déclaration de stratégie que je prête à Odoo.

Un salon qui a changé d’échelle depuis 2023

Ma dernière visite remontait à 2023. Cette année, j’ai eu l’impression de découvrir un autre salon : davantage de monde, de stands, de conférences et de possibilités de rencontres. La presse évoquait 65 000 visiteurs attendus sur les trois jours ; je préfère parler d’une prévision plutôt que d’un chiffre de fréquentation définitif.

J’ai particulièrement apprécié les échanges avec Stripe, Mollie et Viva.com, avec The Golden Loop, collectif de partenaires Odoo, avec Maximilien et Charlotte chez Odoo, les équipes d’Onoff Business, Caron Informatique à Calais et ITC Multimedia en Belgique, entre autres. C’est aussi pour ces discussions, parfois improvisées entre deux conférences, que je fais le déplacement.

Autre détail qui m’a impressionné sur place : Odoo organise lui-même son événement et utilise ses propres outils pour enregistrer les visiteurs, scanner et imprimer les badges. Au vu de la fréquentation, la fluidité à l’entrée était remarquable. Et les journées se terminaient dans une ambiance bien différente des conférences, notamment avec The Juliets, Mister Cover et l'incroyable The Odoo Band.

Je repars donc avec une impression positive sur le produit : Odoo 20 poursuit une amélioration constante, parfois spectaculaire avec l’IA, souvent très utile dans les petites tâches du quotidien. Mais la question à poser après cette édition n’est pas simplement « quand migrer vers Odoo 20 ? ». C’est aussi : combien de personnes utilisent réellement Odoo, combien de salariés sont enregistrés dans la base, quels accès leur faut-il et quel sera le coût complet de cette organisation ? C’est à cette condition que l’on pourra apprécier sereinement ce nouveau chapitre.
LCSX Tech, Laurent Cossiaux 26 septembre 2026
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